
À l’approche des élections municipales, certaines informations commencent à circuler dans les échanges entre élus du territoire.
Les langues semblent se délier du côté de plusieurs maires de la Communauté de communes Entre Juine et Renarde, laissant entendre que les maires d’Étréchy et de Chauffour-lès-Étréchy auraient engagé une réflexion autour d’une possible fusion entre les deux communes.
Depuis, différentes discussions locales semblent confirmer qu’un intérêt réel existe pour un tel projet.
Il ne s’agit donc pas ici d’alimenter une rumeur ou de créer une polémique artificielle.
Mais à une semaine d’une élection municipale, une question simple mérite d’être posée.
La commune d’Étréchy vient tout juste de réviser son Plan Local d’Urbanisme, document structurant pour l’avenir du territoire.
Et pourtant, une éventuelle réflexion sur une fusion n’a jamais été évoquée publiquement auprès des habitants.
Une fusion de communes, ce n’est pas un détail
Fusionner deux communes ne consiste pas simplement à rapprocher deux villages voisins.
Cela signifie :
• une seule commune
• un seul conseil municipal
• un seul budget
• une seule administration
• des choix d’aménagement décidés à l’échelle du nouveau territoire.
Une telle décision peut être prise par les deux conseils municipaux concernés puis validée par le préfet.
Les habitants ne sont pas automatiquement consultés dans ce processus.
Autrement dit, une décision de cette importance peut être engagée sans vote direct de la population.
Pourquoi cette question mérite un débat
Un projet de fusion engage l’identité des communes, leur gouvernance et leur évolution future.
Pourtant, jusqu’à présent, cette question n’a jamais été présentée ni débattue publiquement.
À quelques jours d’une élection municipale, il est donc légitime que les habitants puissent comprendre les intentions réelles des candidats et connaître leur position sur un sujet aussi structurant.
Quelques chiffres pour comprendre
Aujourd’hui :
➡ Étréchy compte 7 047 habitants
➡ Chauffour-lès-Étréchy environ 150
L’ensemble représenterait donc une commune d’environ 7 200 habitants.
Mais la différence principale se situe ailleurs.
La commune de Chauffour dispose d’un territoire d’environ 480 hectares, composé en grande majorité de terres agricoles.
Une fusion intégrerait donc plusieurs centaines d’hectares supplémentaires dans un même périmètre communal.
Ces éléments ne signifient pas que des transformations seraient automatiquement engagées.
Mais ils montrent qu’une telle évolution institutionnelle peut modifier la manière dont le territoire est pensé à long terme :
• urbanisme
• équilibres fonciers
• localisation des futurs projets ou équipements.
Dans ce contexte, une fusion entre Chauffour et Étréchy pourrait constituer, à terme, une évolution importante pour l’équilibre du territoire.
Une question simple
Depuis des années, beaucoup de listes politiques reprennent une même idée :
« Étréchy, petite ville à la campagne ».
Cette formule traduit un attachement réel à l’identité de notre commune et à son cadre de vie.
Mais une telle identité suppose aussi des choix clairs sur l’avenir du territoire.
➡ La question mérite donc d’être posée clairement aujourd’hui :
Une réflexion sur une fusion entre Chauffour et Étréchy existe-t-elle réellement ?
Les habitants méritent une réponse claire, transparente et assumée.
Vous aurez l’occasion d’échanger librement sur ce sujet avec nos co-listiers lors de notre 2ᵉ rencontre publique du 11 mars, de 15h à 22h, salle Jean Monnet.
Fusion entre Étréchy et Chauffour : avantages et inconvénients possibles
| Points à considérer | Avantages possibles | Inconvénients / risques possibles |
|---|---|---|
| Organisation administrative | Simplification administrative avec une seule commune, un seul conseil municipal, une seule gestion. | Perte d’autonomie de la petite commune et dilution de son identité locale. |
| Services publics | Mutualisation possible de certains services (administration, entretien, équipements). | Risque d’éloignement des décisions et des priorités locales pour les habitants de la plus petite commune. |
| Poids politique local | Une commune plus grande peut parfois peser davantage dans certaines négociations territoriales. | Les habitants de la petite commune peuvent se sentir moins représentés dans les décisions. |
| Finances locales | Possibilité de mutualiser certains budgets et d’optimiser certaines dépenses. | Harmonisation des politiques fiscales ou budgétaires qui peut ne pas être favorable à tous. |
| Urbanisme et aménagement | Vision d’aménagement plus large du territoire. | Risque de modification de l’équilibre territorial ou d’évolution de l’usage des terres. |
| Territoire et foncier | Possibilité d’une réflexion globale sur l’organisation du territoire. | Intégration de plusieurs centaines d’hectares supplémentaires dans une même commune, avec des enjeux fonciers et agricoles. |
| Identité et vie locale | Possibilité de créer une dynamique commune entre territoires voisins. | Disparition progressive de l’identité communale propre à Chauffour. |
| Démocratie locale | Si le projet est bien préparé, il peut être débattu collectivement. | Décision pouvant être prise uniquement par les conseils municipaux sans consultation directe des habitants. |
3 exemples récents d’échecs ou de contestations de fusions de communes
1️⃣ Troye-d’Ariège (Ariège) — fusion refusée par référendum
Les habitants ont été consultés par référendum et ont rejeté massivement le projet de fusion avec d’autres communes.
Le « non » a dépassé 90 % des votes, ce qui a immédiatement stoppé le projet.
👉 Ce cas montre que lorsque les habitants sont consultés, ils peuvent refuser très clairement une fusion.
2️⃣ Plouër-Langrolay-sur-Rance (Bretagne) — fusion annulée
Dans ce cas, la fusion a réellement été réalisée, mais elle a finalement échoué.
- Fusion des communes de Plouër-sur-Rance et Langrolay-sur-Rance en 1973
- Dissolution de la commune fusionnée en 1984
- Retour aux deux communes séparées
👉 C’est un exemple rare mais réel où une fusion n’a pas tenu dans le temps.
3️⃣ Saint-Denis / Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) — fusion très contestée
Un projet de fusion entre ces deux villes franciliennes a suscité une forte mobilisation d’habitants et d’élus, qui dénonçaient une décision imposée sans véritable consultation citoyenne.
Les critiques portaient notamment sur :
- le manque de débat public
- la crainte d’une absorption de la plus petite commune
- des motivations politiques.
👉 Même quand la fusion se fait, elle peut rester politiquement très contestée.
3 exemples récents de réussites de fusions de communes
1️⃣ Évry‑Courcouronnes (2019)
Fusion de :
- Évry
- Courcouronnes
Population : ~70 000 habitants.
Pourquoi elle est souvent considérée comme réussie :
- Les deux villes fonctionnaient déjà ensemble (agglomération, université, équipements).
- Mutualisation des services municipaux.
- Meilleure visibilité territoriale et administrative.
👉 La fusion correspondait à une réalité urbaine déjà existante.
2️⃣ Saint‑Germain‑en‑Laye + Fourqueux (2019)
Fusion de :
- Saint-Germain-en-Laye
- Fourqueux
Population : ~46 000 habitants.
Points positifs :
- Continuité urbaine forte entre les deux communes.
- Maintien d’une identité locale pour Fourqueux (commune déléguée).
- Meilleure gestion des équipements et de l’urbanisme.
👉 Ici, la fusion visait surtout la cohérence territoriale.
3️⃣ Le Malesherbois (2016)
Fusion de 7 communes autour de Malesherbes.
Population : ~8 500 habitants.
Objectifs atteints :
- Mutualisation des services municipaux.
- Maintien des mairies de proximité.
- Capacité financière renforcée pour certains projets.
👉 Exemple typique de fusion entre communes rurales proches.

Bonjour
Une fusion réussie :
Le Mérévillois, fusion entre Méréville et Estouches, qui se rapprocherait plus en taille à celle entre Etrechy et Chauffour
Il ne faut pas oublié que 67 communes de moins de 1000 habitants, n’ont aucune liste
Donc c’est peut être un bien pour le futur
Cdt
Bonjour,
et merci pour l’intérêt que vous portez à ce sujet.
Vous avez raison de citer l’exemple du Mérévillois, qui montre que certaines fusions peuvent fonctionner lorsqu’elles sont préparées et expliquées. C’est d’ailleurs pour cela que, dans notre analyse, nous avons pris soin de présenter à la fois des exemples de fusions réussies et des exemples plus contestés, afin d’éclairer le débat de manière équilibrée.
Le point qui nous interroge aujourd’hui n’est pas d’affirmer qu’une fusion serait forcément mauvaise ou forcément bonne. La vraie question est celle de la transparence et du débat démocratique.
Si une réflexion existe réellement entre Étréchy et Chauffour, il nous semble normal qu’elle soit connue de l’ensemble des élus et présentée clairement aux habitants. Or, la commune vient tout juste de réviser son Plan Local d’Urbanisme, document structurant pour l’avenir du territoire, sans qu’une éventuelle réflexion sur une fusion n’ait été évoquée.
Une fusion de communes est une décision importante qui engage l’avenir du territoire. Si un tel projet devait être envisagé, la démarche la plus saine serait d’en informer les élus et la population et d’ouvrir un débat public.
C’est simplement le sens de notre démarche : poser la question et demander de la clarté.
Cordialement.